L’armure est un élément indissociable du guerrier médiéval et des champs de bataille d’alors. Il en va de même pour le samurai et son armure (yoroi) si caractéristique.
Cette armure a évolué au cours des siècles, conformément aux changements de pratiques et de technologies qu’a connu la guerre au Japon. Ainsi, les o-yoroi de l’époque Heian (794-1185), prévues pour protéger des archers montés, a laissé par la suite la place à des armures moins encombrantes qui permettaient de se mouvoir facilement à pied et qui pouvaient même parfois arrêter les balles de mousquets (tameshi gusoku).
Les éléments principaux constituant cette armure sont cependant restés les mêmes :
– Suneate : protections de jambes faites de plaques articulées ou non.
– Haidate : plaques articulées protégeant les cuisses et se portant comme un tablier. Prévue à l’origine pour protéger les côtés des jambes très exposées des cavaliers, Il leur a été ajouté des attaches pour leur permettre de rester solidaire aux cuisses même quand un guerrier à pied courrait.

– Dô : le plastron. Il a beaucoup évolué en fonction de la guerre mais aussi de la mode. Il pouvait être constitué de lames de métal articulées, de plaques rivetées voir imiter les cuirasses portugaises ou le torse d’un bouddha.
La partie inférieure du plastron est presque toujours accompagnée de Kusazuri, des plaques de métal attachées entre elles par des cordons et formant une jupe protégeant le bassin.
– Sode : les protections des épaules. Comme les Kusazuri, elles sont formées de plaques articulées par des cordons.
A l’ère Heian, elles étaient grandes et carrées pour protéger le porteur des flèches tels des boucliers. Elles ont fini par devenir moins volumineuses et mieux épouser la forme des épaules, un peu comme le font les spalières des chevaliers médiévaux.

– Kote : Des manches en tissus couvertes de cotte de mailles et de plaques couvrant de l’épaule aux mains du guerrier.
Elles permettaient beaucoup de mobilité des bras tout en offrant une protection décente des membres supérieurs.

– Kabuto : l’emblématique casque du samurai. Ses formes pouvaient varier, parfois pour prendre des formes exubérantes, comme imiter la tête d’un ours, d’un coquillage ou des chapeaux de cour, parfois dans des dimensions excessives !
Comme pour le Dô, certains étaient capables d’arrêter des balles de mousquet, cela se montrait par une bosse sur le casque prouvant qu’il avait été testé et que le projectile n’avait pas traversé l’acier.

Au Bujinkan, nombre des techniques enseignées sont adaptées au combat en armure. La posture et les mouvements permettent de bouger avec efficacité une fois qu’on la porte. L’une des neuf écoles qui le composent, le Kukishinden, est spécialisée dans la lutte en armure, le yoroi kumiuchi.

