Un maitre d’arts martiaux était assis dehors avec son élève alors qu’un chien errant passait non loin. Le maitre attrapa une puce sur le chien pour lui montrer à quel point elle sautait haut. De retour au dojo, le maitre sortit une petite boite et la montra à l’élève, dedans se trouvait une autre puce. Une fois sortie, qu’elle ne fut pas la stupeur de l’élève de voir que cette puce, pourtant semblable à celle récoltée sur le chien, ne sautait pas bien haut : en réalité, pas plus haut que la hauteur de la boite dans laquelle elle avait été longtemps enfermée.
Cette métaphore intelligente provient d’un manga d’arts martiaux. Elle représente les limites dans lesquelles on peut soi-même s’enfermer et s’empêcher de progresser. Et il est très facile pour un pratiquant d’arts martiaux de s’enfermer dans sa propre petite boite de limites. En voici quelques exemples.
S’entrainer toujours avec la même personne
S’entrainer constamment avec un même partenaire rend souvent les choses plus faciles. On finit par connaitre ses réactions et les anticiper alors qu’une technique doit pouvoir s’appliquer sur n’importe qui. S’entrainer avec de nombreux partenaires différents permet d’apprendre à s’adapter et à affiner ses techniques.
S’imaginer qu’on fera face à un ignorant sans connaissances ou compétences
C’est sans doute rassurant de s’imaginer que si jamais nous devons utiliser nos techniques pour nous défendre, elles le seront contre des personnes qui n’y connaissent rien…Jusqu’à ce qu’on fasse face à quelqu’un dans une situation réelle qui sait se battre. Si au contraire, on s’entraine avec à l’esprit de devoir faire face à quelqu’un de plus fort (comme un expert en arts martiaux !), il en sera tout autre. Entre mettre la barre haut ou bas, mieux vaut la mettre haut.
Rester dans sa zone de confort
Dans la routine d’une pratique régulière, tout le monde peut tomber dans le piège de s’asseoir confortablement dans son entrainement sans se questionner ni s’améliorer, surtout après des années. Autrefois, s’améliorer dans les arts martiaux était une question de vie ou de mort. Un sabre mal aligné ou un appui sur le mauvais pied pouvait signifier la mort du pratiquant. Garder en tête cette réalité heureusement lointaine est essentiel. De même que d’améliorer ses faiblesses plutôt que de les ignorer. Chacun est l’acteur principal de son propre apprentissage et la rigueur nécessaire à sa propre progression doit venir de soi.
Regarder de haut les autres styles et systèmes de combat
Le meilleur art martial est toujours celui qu’on pratique et il est facile de regarder avec dédain des styles différents. Rien de pire que de sous-estimer d’autres systèmes de combat au nom d’un ego mal placé. Plutôt que de les dénigrer, un vrai pratiquant essaye d’apprendre de ceux-ci, ce qui est bien plus efficace pour leur faire face.
Soyez rigoureux et exigeant avec vous-même dans votre pratique et plutôt qu’un saut de puce, vous atteindrez les nuages.

